Capucine Lageat
& Antoine Perroteau

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Interview autour de l'exposition ADRIFT


FREE SPACE GALLERY : Comment avez-vous commencé à travailler en duo ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Nous avons étudié dans la même école d’art et à la fin de la première année nous formions un couple. En deuxième année nous sommes partis en échange Erasmus au Royaume-Uni (Capucine à Cardiff et Antoine à Leicester) et c’est durant ces six mois que nous avons commencé à travailler sur un projet de film commun que nous avons principalement réalisé dans la ville de Leicester. À partir de ce moment nous avons exclusivement travaillé ensemble comme duo d’artistes.


FREE SPACE GALLERY : Quelle à été votre première impression de lui/elle ?

CAPUCINE L. : Antoine était toujours le premier à arriver dans l’atelier et le dernier à partir, je me souviens qu’il était très travailleur et concentré. Antoine était un des plus âgés de notre promotion et il avait déjà une grande autonomie de travail et un esprit critique.

ANTOINE P. : Je me souviens que Capucine se distinguait de nos camarades par sa rigueur et la sensibilité de ses photographies, mais aussi par son esprit critique sur la création contemporaine.


FREE SPACE GALLERY : Comment vous êtes vous mutuellement influencé en ce qui concerne la création artistique ?

ANTOINE P. : Je connaissais très peu de chose à la photographie avant de rencontrer Capucine alors qu’elle se positionnais principalement comme photographe. C’est donc ce qu’elle m’a appris de plus important en terme de création artistique.

CAPUCINE L. : Nous avions des méthodes de travail très différentes, Antoine faisait principalement de la peinture au départ tandis que je faisais de la photographie, mais ce qui est intéressant c'est que nous nous sommes construit une identité à deux à travers la vidéo, nous avons cherché ensemble une nouvelle façon de nous exprimer en commun.


FREE SPACE GALLERY : Avez-vous mis en place une division du travail dans votre création ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Nous travaillons désormais exclusivement en duo et nous n’affirmons aucune division du travail, ce qui ne veut pas dire que nous avons exactement les mêmes compétences ou les mêmes connaissances dans tous les domaines, mais puisque l’avis de l’autre est pris en compte à chaque moment de la recherche et de la création, nous nous opposons à la division du travail dans notre duo. Et de fait, lorsque l’on prend des photographies à tour de rôle, on oubli parfois lequel de nous deux a pressé le bouton pour prendre tel ou tel cliché.


FREE SPACE GALLERY : Vous souvenez-vous de votre première co-création ? Cette pièce est-elle présente dans l'exposition ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : C’ était en 2015 que nous avons ammorcé notre premier film en commun, le Grand Union Canal, il nous a ensuite fallu un an et demi pour accomplir un montage qui nous satisfasse tous deux. Ce film est très important pour nous puisqu’il marque le début de notre collaboration permanente, c’est pourquoi il est effectivement présent dans l’exposition « Adrift ».


FREE SPACE GALLERY : Vos créations ont-elles un lien étroit avec votre vie ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Notre premier film Grand Union Canal mettait en abîme nos questionnements sur le processus de création, mais par la suite nous avons chercher à développer une pratique qui se focalise sur la ville et l’architecture. Notre pratique est donc très peu biographique, mais en même temps elle suit le cours de nos voyages et nos découvertes.


FREE SPACE GALLERY : Quelles sont les sujets qui vous intéresse ? Avez-vous développé un thème ou une ligne directrice au fil des années ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Avoir étudier en Grande-Bretagne nous a permis d’avoir le temps de développer une pratique dans des espaces différents que ceux que l’on connaissait, malgré la proximité avec la France. Aujourd’hui nous avons la possibilité de voyager facilement, mais le fait d’étudier à l’étranger permet de découvrir la ville plus en profondeur, en s’immergeant dans le quotidien des habitants. À Pékin nous ne sommes rester que trois semaines, ce qui est court, mais nous avons pu découvrir une ville et un mode de vie très différents du notre. Nous avons dû nous efforcer de ne pas tomber dans une documentation ethnocentrée, ce qui a été une expérience enrichissante.


FREE SPACE GALLERY : Vous avez étudié pendant un très court temps à la Central Academy of Fine Art de Pékin. Que pensez-vous des différence d'éducations artistiques entre la Chine et l'Europe ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Nous avons constaté que les étudiants du CAFA à Pékin sont séparés en fonction de leur médium de prédilection (peinture, sculpture, nouveaux médias, etc) et qu’ils obtiennent leurs diplôme dans cette branche spécifique, alors que dans les écoles européennes les étudiants en art sont groupés par des sections qui sont interdisciplinaires. Les écoles d’arts européennes étaient auparavant des écoles des « Beaux- Arts », ce qui signifie que les groupes étaient justement spécialisés par médium, mais les mouvements étudiants des années soixante ont mis fin à ces distinctions dans la plupart des écoles.


FREE SPACE GALLERY : Aviez-vous une image différente de la Chine avant votre voyage ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Mise à part quelques documentaires occidentaux, nous avons très peu d’images qui nous viennent de Chine. Il y a bien des artistes contemporains chinois qui sont diffusés en Europe aujourd’hui, ainsi que quelques cinéastes comme notamment Jia Zhang Ke, mais dans l'ensemble notre image de la Chine n'est pas très détaillé. Nous sommes donc arrivé en Chine avec un regard vierge que nous n’aurions pas eu aux États-Unis ou même au Japon. C’est une richesse pour le regard photographique et c’est une impression forte que d’arriver avec un regard vierge à une époque où le tourisme de masse à rompus l’innocence du voyageur.


FREE SPACE GALLERY : Quels sont les artistes ou auteurs qui vous ont influencé dans votre construction artistique ?

CAPUCINE L. : Les deux plus importantes découvertes dans ma construction artistique ont été le photographe américain Lewis Baltz et le réalisateur italien Michelangelo Antonioni. Ayant déjà commencé à m'intéresser à la question des espaces, qu'ils soient architecturé ou non, j’ai été fasciné par leur façon de traiter le paysage, notamment par le vide. Ces deux artistes sont toujours à notre chevet lorsque nous réalisons un nouveau projet.

ANTOINE P. : Je suis arrivé en école d’art en faisant de la peinture et à cette époque j’ai été assez influencé par l’artiste anglais David Hockney qui proposait une peinture marquée par la photographie et le cinéma. Ça m’a convaincu de l’importance d’entremêler les disciplines artistiques. Aujourd’hui au regard de notre pratique de la vidéo j’ai une forte estime pour le vidéaste canadien Mark Lewis qui construit des films sur des espaces spécifiques.

CAPUCINE L. & ANTOINE P. :Récemment notre pratique des espaces urbains nous a amené à nous intéresser au philosophe français Henri Lefebvre dont nous découvrons l’importance. Lefebvre a développer une profonde critique de l’espace permettant d’ouvrir des possibilités conceptuelles d’appropriation urbaine.


FREE SPACE GALLERY : C'est votre première exposition personnelle en Chine. Le thème de l'exposition est "Adrift" [À la Dérive]. Pouvez-vous nous expliquer le sens de "Adrift" et votre relation à ce terme ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Nous concevons nos découvertes des différents espaces comme des dérives parce que nous nous laissons dans un premier temps porter par le lieu. Il est important pour nous de prendre un long moment pour marcher dans ces lieux, pour chercher à ressentir l’influence de l’espace sur le regard. Nous ne choisissons pas les espaces au hasard, nous privilégions des lieux en transformation où en attente de transformation car c’est à ce moment que l’on ressent le plus l’histoire du lieu, et en même temps c’est au même moment que leur futur nous semble le plus nous échapper. Car face à une restructuration urbaine on peut s’attendre autant à une standardisation mortifère qu’à un abandon soudain suite à l’éclatement d’une bulle immobilière, et on ne s’empêche pas de rêver d’une appropriation populaire. Il est important pour nous de laisser ces possibilités ouvertes, c’est pourquoi nous aimons à considérés que ces lieux, eux aussi, sont à la dérive.


FREE SPACE GALLERY : Les pièces que vous exposez ici ont été créés dans différentes villes, en Angleterre, en France, en Italy et en Chine. Pouvez vous expliquer en quoi ces villes vous ont inspiré ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Le quartier que nous avons filmé en Angleterre est caractéristique de la Révolution industrielle, ce qui nous permet d’appuyer l’idée de désindustrialisation qui marque particulièrement l’Europe depuis une trentaine d’années. Le quartier de l’EUR à Rome avait été fondé par le gouvernement fasciste qui a visiblement inspiré les cinéastes italiens des années soixante qui y ont vu un reflet de leur société conservatrice. La Soucoupe de béton est une architecture de la Reconstruction (après les bombardements subits durant la seconde guerre mondiale) qui est marqué par une volonté d’innovation propre à cette période, c’est pourquoi nous l’avons confronté à une archive sonore des mêmes années suggérants un enthousiasme populaire pour la révolution politique qui est désormais perdu. Notre regard sur la Chine confronte l’histoire populaire des hutongs et de leurs habitants avec leurs « statufication » par l’industrie du tourisme. Nous ne manquons donc pas d’interpréter chaque lieu avec notre sentiment sur son lien avec l’Histoire national ou international.


FREE SPACE GALLERY : Vos travaux montrent une observation rationnelle et objective des histoires locales et des transformations urbaines. Lorsque vous créez, cherchez-vous un pure rationalisme ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Lorsque nous réalisons un collage sonore sur l’architecture de béton de la Soucoupe de Saint-Nazaire, nous proposons une interprétation historique, lorsque nous coupons l’image d’un hutong détruit avec l’image d’une jeune homme se prennent en photo avec une statue représentant un chinois du siècle dernier, nous proposons encore une interprétation. Nos images ne sont pas objectives, ce qui ne les empêchent pas malgré tout de documenter l’espace.


FREE SPACE GALLERY : Quel est votre sentiment à propos des "grands changements" et de "l'oublie" du paysage urbain ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Nous sommes effrayé par l’abandon de territoires entiers à des promoteurs immobiliers qui standardisent les espaces, et par leur capacité à recycler et corrompre l’histoire des lieux. L’urbanisme récolte désormais le surplus de production de notre société et y concentre une bonne partie de la spéculation.


FREE SPACE GALLERY : Que pensez-vous que les "ruines urbaines" et le "patrimoine" du siècle passé peuvent apportés au gens aujourd'hui ou dans le future ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Nous croyons que la réappropriation a d’avantage à apporter à la société que la conservation institutionnelle du patrimoine, même si celle-ci vaut toujours mieux que la prédation immobilière. Mais nous pensons spécifiquement à la réapropriation populaire des espaces, car toute réappropriation n’est pas bénéfique. Par exemple en Europe on observe dans de nombreuses villes des transformations technocratiques des territoires industriels à l’abandon, ce qui sauvegarde en partie des architectures mais au dépit des ouvriers qui y travaillaient.


FREE SPACE GALLERY : Comment commence habituellement vos créations ? Avez-vous déjà une idée en tête avant vos voyages ? Est-ce que l'idée émerge plutôt en cours de route ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : C'est très variable, par exemple nous avons découvert le quartier de l'EUR à travers le film l'Eclisse d'Antonioni, parfois nous apprenons l'existence d'un lieu spécifique dans un article, ou alors c'est au cours d'une balade, comme pour la Soucoupe, que nous remarquons un endroit qui pourrait être intéressant. Nous avons (la plupart du temps) déjà une idée précise du lieu, et nous procédons à des recherches sur l'espace découvert. Ensuite le projet se construit sur place, nous faisons des images et puis vient le moment crucial du montage qui nous permet de façonner le projet en profondeur.


FREE SPACE GALLERY : Êtes-vous particulièrment attaché à une de vos pièces ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Dans ce contexte particulier nous sommes heureux de présenté la série Hutong stories aujourd’hui en Chine. La série est composé de trois pièces : la vidéo Ellipse temporelle, l’animation 3D Authenticité virtuelle et la série de photographies Macro-géologie urbaine. La vidéo Ellipse temporelle est notre point de départ, c’est le résultat des images captées sur place dans les rues de Pékin. Il nous a fallu trouver un moyen de représenter ce que nous percevions sur place sans commentaires : un montage en quatre images nous a permis d’essayer de créer une balade amplifiée à travers les hutong en destruction et les nouveaux quartier touristiques en construction. Nous avons par la suite imaginé un hutong typique qu’une agence d’architecture lambda aurait pu modélisé pour en corrompre le sens et le rendre apte à la consommation touristique. C’est en quelque sorte une satire de l’architecture soumise à la promotion immobilière, bien que nous avons constaté que des architectes et designer résistes à la destruction dans le quartier de Dashilan. La série Macro- géologie urbaine a quand à elle été réalisé avec le logiciel Google Earth : ça a été pour nous une dérive numérique à travers Pékin, entre aujourd’hui et 2002 (début des archives disponibles en ligne). Nous avons sélectionné différentes parties de la ville prise à différentes époque, en gardant toujours la même échelle, afin de reconstituer une carte inter temporelle de Pékin. C’est un regard morcelé sur la ville qui propose notamment de comparer les échelles des constructions et les différences d’harmonies.


FREE SPACE GALLERY : Pourquoi avez-vous choisi la vidéo comme médium principal ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Nous aimons le cinéma, nous apprécions les possibilités offertes par le cinéma en terme de diffusion, de partage, de réception. Par la vidéo nous nous rapprochons de ce médium en gardant une forte liberté de format, de durée, de moyens de production et de classement de genre. C’est aussi pour nous un moyen d’étendre les possibilités de la photographie.


FREE SPACE GALLERY : Quel a été pour vous le point décisif pour devenir artiste ?

CAPUCINE L. : Tout ça s'est construit au fil des années. Je me souviens d'une sortie de classe organisée au Centre Pompidou pour découvrir l’exposition Yves Klein, c’était en 2001. J’avais déjà vu des expositions mais j’ai un souvenir particulièrement vif de ce moment, c’était très impressionnant et le fait que ce soit dans le cadre scolaire à vraiment amplifié mon souvenir parce que nous étions tous très attentifs et réceptifs. J’ai toujours pratiqué le dessin et dès le lycée je me suis orienté vers une section d’arts appliqués à l’École Boulle à Paris. Les beaux-arts ont ensuite suivi.

ANTOINE P. : J’ai grandi dans un milieu populaire et rural où l’art n’existait qu’à travers le cinéma et la littérature. J’ai vu ma première exposition d’art moderne lors d’un voyage scolaire à Frankfort en Allemagne, c’était une exposition rétrospective de Gustave Klimt. J’avais alors déjà 14 ans ! Autant dire que ça a été un choc pour moi de découvrir aussi tard une forme artistique qui m’était fondamentalement inconnue. Il m’a donc par la suite fallu du temps pour choisir cette voie, c’est pourquoi je ne suis entré à l’école des Beaux-arts qu’à seulement vingt-trois ans.


FREE SPACE GALLERY : Quelle est la place de l'art dans votre vie aujourd'hui ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Étant à la fois un couple et un duo d’artistes l’art fait vraiment partie de notre quotidien.


FREE SPACE GALLERY : Dans l'idéal votre objectif est d'être artistes à plein-temps ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Oui, nous souhaitons revendiquer notre droit de travailler en tant qu’artiste à plein temps. Nous sommes convaincu que dans des sociétés qui produisent autant d’emplois très peu utiles pour maintenir en place le capitalisme, nous devons revendiquer le droit de vivre d’une production artistique. Cependant nous devons aussi nous adapter aux réalités économiques, et de fait, les artistes, en France comme ailleurs, ont beaucoup de mal a revendiquer leurs droits à être payé pour leur travail.


FREE SPACE GALLERY : Quelle est la place d'un artiste dans la société de votre point de vue ? Qu'est ce que vos créations peuvent apporter aux regardeurs ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Comme nous le disions, le capitalisme produit majoritairement des emplois qui n’œuvrent pas pour le bien commun mais pour l’enrichissement d’une classe sociale. Nous pensons que les artistes doivent se poser à contre courant de ce système. Les artistes peuvent ouvrir à un monde de rêverie et d’imaginaire, ils peuvent proposer aux gens de prendre un moment pour observer et réfléchir. Nous pensons aussi que l’art est un réel moyen de partage, à la fois visuel mais aussi par les discussions qui l’entour et l’éducation artistique. Le fait que nous, jeunes artistes très récemment diplômés, soyons aujourd’hui invité par une galerie chinoise est un bel exemple de partage que l’art peut produire.


FREE SPACE GALLERY : À l'avenir vous pensez continuer ainsi à dériver, à marcher pour photographier et filmer des espaces ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Bien sûr nous allons continuer à dériver dans des espaces, c'est ainsi que avons envie de travailler actuellement, continuer à nous perdre dans les villes afin de trouver de nouvelles manières de représenter l'espace. C'est une quête ouverte, qui peut commencer à l'autre bout du monde comme en bas de notre rue.


FREE SPACE GALLERY : Quelle est votre prochaine étape ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : Après ce voyage à Guangzhou, nous allons découvrir Shenzhen car nous avons une exposition collective à partir du 21 septembre et nous espérons aussi pouvoir réaliser un projet photographique et filmique entre Guangzhou et Shenzhen. Après cela, nous irons à Liège en Belgique pour une résidence de trois mois. Nous réaliserons des photographies et un film sur le sillon industriel belge.


FREE SPACE GALLERY : Quels sont les choses que vous désirer faire en dehors de votre création artistique ?

CAPUCINE L. & ANTOINE P. : En ce moment nous réfléchissons beaucoup à la question de l'habitat (artistiquement aussi), nous nous renseignons sur des méthodes alternatives pour vivre comme par exemple l'habitat participatif ou encore les « tiny house ». Nous aimerions dans le future vivre de façon plus communautaire et avec un plus faible impact écologique. Ce serait pour nous une manière de concrétiser dans notre vie quotidienne l'idée de l'appropriation populaire que nous cherchons à suggérer dans nos TRAVAUX artistiques.